Traitement de mon cancer du poumon

Le traitement de mon cancer du poumon ne dépend plus que du résultat des analyses de ma résection de côte. Ensuite on sera fixé.

Résultat d’analyses résection de côte

C’est le chirurgien qui a pratiqué la résection de côte qui me reçoit en consultation pour me donner le résultat de l’analyse du prélèvement.
Ce résultat est bon, pas de cancer à ce niveau.
C’est une chance d’après mon chirurgien car je deviens opérable et cela change beaucoup de choses.
Si il y avait eu des métastases cancéreuses ailleurs, il ne m’aurait pas opéré. J’aurai été traité uniquement avec une chimiothérapie. Toujours selon ce chirurgien :

Avec une chimiothérapie on vous soigne, mais avec la chirurgie je vais pouvoir vous guérir.

Je veux bien le croire et espère vraiment qu’il a raison.
Il m’explique que l’on va m’enlever le lobe supérieur (la où se situent les deux nodules) du poumon droit. La date de l’intervention est fixée en fin de consultation. Dans mon intérêt, il ne faut pas perdre de temps et puis le chirurgien va bientôt être en vacances. En route pour le bloc le 11 juillet 2012.

Quand j’ai annoncé cela à la famille et aux amis, vous vous doutez bien que tout le monde a retrouvé un peu le moral et surtout, l’espoir.

Lobectomie supérieure droite avec curage ganglionnaire latéro-trachéal et inter-trachéo-bronchique

Thoracotomie (lobectomie) 28 agrafes, cicatrice 19 cm.
Je suis entrée à l’hôpital le 11-07-12 et sorti le 30-07-12.

Le jour J

Arrivé à 10h00, j’entrai au bloc en début d’après midi. L’anesthésiste me pose une péridurale destinée à injecter les produits pour luter contre la douleur. Ensuite, je m’endors et ne me souviens de rien (tans mieux, c’est normal 🙂 ) jusqu’à ce que !

Je dois encore être en salle de réveil quand je ressent une douleur comme jamais je n’en ai ressentie. Je ne vois rien, mais j’ai deux images qui sont restées gravées en moi. Sur la première, je vois mon bras droit essayer de pousser tout ce qui m’entoure (surtout des personnes) et sur la seconde image, je vois une seringue. Après, plus rien jusque mon réveil dans la chambre avec des douleurs importantes.

lettre lobectomie
Compte rendu de la lobectomie

Le soir même, visite du chirurgien qui m’explique que l’opération a été un peu plus difficile que normalement car le lobe supérieur du poumon n’était pas parfaitement « pré-découpé » (selon ces termes) et qu’il a du couper et recoudre beaucoup plus. Dans ces conditions j’ai saigné plus que normalement et ai donc été transfusé. Il me dit aussi que pour cette raison, les infirmières devront bien surveiller les drains et que je serai peut être contraint de les supporter plus longtemps. Le drain destiné à chasser l’air resté autour du poumon, rejette plein de bulles lorsque je respire. Le docteur me dit que c’est à cause de la cicatrisation (pas étanche) des découpes faites dans le poumon.

Je passe une première nuit pratiquement sans dormir à cause de la douleur.

Le jour d’après

Le lendemain, la douleur est bien présente et les infirmières font au mieux pour l’atténuer sans réel succès avec la péridurale. Il n’y a que les Dafalgan Codéine associés à des petites gélules de morphine  qui me soulagent un peu. Une infirmière me fait la toilette au lit, et pour l’occasion, m’enlève pour un temps les bas de contention. Cela fait du bien !

Un kinésithérapeute passe (ce sera le cas tous les jours jusque la sortie) pour une séance de kiné respiratoire. Les exercices sont destinés à me faire évacuer les secrétions et le sang qui coagule dans le poumon opéré, puis à le regonfler pour qu’il occupe le maximum de place laissée libre par l’opération. Ces exercices ne commenceront vraiment que lorsque le drain ne fera plus de bulles.

Un peu plus tard (début d’après midi), deux infirmières sont venues me lever et m’assoir dans le fauteuil. Ce fut assez dur et douloureux avec ces deux drains et la perfusion (péridurale) à faire suivre. De plus, depuis l’opération m’a respiration est diminuée et bouger m’essouffle et amplifie la douleur.

Très fatigué, j’arrive à dormir un peu la deuxième nuit, mais suis souvent réveillé toujours par cette douleur que je pense être normale.

Troisième jour

Le lendemain matin, les infirmières voyant que je souffre trop depuis plus de 36 heures, demande à un anesthésiste en visite de passer me voir. L’anesthésiste me demande de me redresser pour voir la péridurale dans mon dos.

Tout de suite ces mots lui échappent :

« Oh le con ! Il l’a mise trop bas. »

Puis il me dit :

« mon pauvre monsieur, vous ne sentirez plus vos jambes que vous aurez toujours mal au poumon. La péridurale a été placée trop bas« .

C’est vrai, maintenant qu’il le dit, je remarque que je ne sens plus trop la partie gauche de mon ventre et la cuisse gauche presque jusqu’au genou. Ne sachant pas comment fonctionne une péridurale, je pensai que tout se passait normalement. Enfin, à partir de maintenant on va me poser une perfusion et m’injecter de la morphine et d’autres analgésiques par les veines. Du coup, on m’enlève cette péridurale qui ne sert à rien et je comprend mieux maintenant pourquoi j’ai eu un réveil si douloureux en salle de réveil juste après l’opération. A partir de ce moment, la douleur est mieux gérée et devient supportable.

Cela fait du bien !

Retrait des drains

Le chirurgien m’enlève le drain destiné à évacuer les liquides au bout de 4 jours. Cela fait un peu mal, mais ça ne dure pas longtemps. Pour celui de l’air, il faudra encore attendre car il y a toujours des bulles. Arrive le jour ou le chirurgien qui m’a opéré est en vacances. Je vais donc être suivi par le deuxième chirurgien du service. Il m’enlève le dernier drain au bout de 6 ou 7 jours. Cela fait du bien car les drains sont responsables d’une partie de la douleur et en plus, sont gênants pour se déplacer et empêche de se doucher.

Les journées sont longues

Les jours passent et se ressemblent. Radiographie (en chambre tant que l’on ne peut se déplacer) des poumons tous les jours, kiné respiratoire, douche, repas, ballades dans les couloirs ou plus loin dès que c’est possible, et heureusement qu’il y a la télévision car les journées sont longues.

Mauvaise nouvelle !

Dix jours après l’opération (samedi 21 juillet), le chirurgien entre dans ma chambre et me dit :

« J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que si vous le voulez, vous pouvez rentrer chez vous. La mauvaise, c’est que vous allez devoir revenir le mercredi 25 juillet pour être à nouveau opéré. »

En effet, en fin d’opération des prélèvements sont effectués sur les tissus à l’endroit où a été faite. Ils sont analysés et suivant le résultat, les chirurgiens savent si ils peuvent refermer ou non. Cela ne s’arrête pas là, les prélèvements sont mis en culture et analysés. Les résultats reviennent 10 jours après et dans mon cas, ils prouvent que l’on ne m’a pas enlevé assez de mon poumon. Je dois donc être opéré à nouveau. Le chirurgien m’explique qu’il ne peut avant d’avoir ouvert, me dire ce qu’il enlèvera. Dans le pire des cas, je me réveillerai sans mon poumon droit.

Un bon coup au moral

Je pense que vous aurez compris que mon moral en prend un coup, mais bon, je n’ai pas vraiment le choix. Je décide de ne pas rentrer chez moi pour ne pas avoir à refaire les papiers d’entrée, etc. Par contre, je demande à avoir une permission de sortie qui m’est accordée, pour aller passer le dimanche 22 à la maison en famille. Cette journée hors de l’hôpital, me fait un bien fou moralement, même si c’est très fatiguant. Je m’essouffle vite et le trajet en voiture (1h00 aller et 1h00 retour) est difficile, la moindre bosse et petit trou sur la route se traduisent par des douleurs plus ou moins fortes.

Reprise pour résection anastomose bronchique droite + nouveau curage ganglionnaire inter-trachéo-bronchique

La deuxième opération le 25 juillet 2012

Une journée de sortie, cela fait du bien surtout après cette mauvaise nouvelle. Aller Laurent n’y pense plus, tu dois te remotiver pour affronter cette deuxième opération. La troisième en 1 mois si l’on compte la résection de côte.

Reprise - 2ème opération
Photo prise le 5 août 2012 après ma deuxième opération du poumon droit.
Resestion anastomose bronchique droite
Compte rendu de ma deuxième opération du poumon droit.

Je ne vais pas trop m’étendre sur cette opération qui c’est bien passée. La douleur est cette fois directement bien gérée. Pas de péridurale, mais une infiltration de morphine dans la colonne vertébrale juste avant l’anesthésie et pompe à morphine ensuite. Enfin, ce qui est très important, j’ai encore du poumon droit. Je vous passe les détails postopératoire puisqu’il n’y a rien de spécial à signaler. Je suis sorti de l’hôpital 5 jours après cette opération.

Radiographies des poumons
Radiographies des poumons avant et après opérations.

Kiné respiratoire

Quelques séances avaient été prescrites en pré-opératoire. J’ai eu le temps d’en avoir 3 et l’on m’a appris comment faire pour tousser après l’opération sans avoir trop mal, bien expectorer et bien respirer.

J’ai eu 10 séances à la maison une fois sorti de l’hôpital.

La chimiothérapie

Après les opérations, les médecins ont décidé de me faire suivre le protocole Cisplatine – Navelbine souvent utilisé dans le traitement du cancer du poumon.
4 cycles de 3 semaines
sont prévus et se décomposent ainsi :

  • La première séance d’un cycle est la plus longue.
    Cisplatine + Navelbine + produit d’hydratation.
    Elle se déroule le jeudi à l’hôpital (arrivée à 8h00 et sortie vers 16h00)
  • La deuxième séance, Navelbine + hydratation à lieu le jeudi suivant toujours à l’hôpital. (arrivée à 8h00 sortie vers 12h00)
  • La troisième semaine, c’est repos.

Avant la première séance de chimiothérapie, j’ai encore subi une petit intervention chirurgicale pour l’implantation d’une chambre implantable (aussi nommée CCI, PAC, site ou encore Port-a-Cath) POLYSITE 3008 ISP sous la peau.
Ce jour la, ma pneumologue a profité du bloc et de l’anesthésie générale pour me faire une bronchoscopie avant l’arrivée du chirurgien. Pour organiser cela, le bloc opératoire a été ouvert une demie heure avant l’heure habituelle. L’anesthésiste, les infirmières et ma pneumologue ont commencé leur journée une demie heure avant. Ma pneumologue est venue au bloc spécialement pour moi avant sa journée de consultations. Le chirurgien a modifié son emploi du temps pour que je sois sa première intervention du jour. Tout cela juste par ce que je ne supporte pas la bronchoscopie sous anesthésie locale. 🙂

1e cycle – 1e séance le 30 août 2012

Pour la première séance, les infirmières préfèrent que l’on soit dans une petite pièce où l’on est seul à recevoir de la chimio. La pièce est équipée d’un fauteuil de chimio très confortable, d’un second fauteuil pour éventuellement être accompagné et de la télévision pour si on le souhaite, occuper les longues heures durant lesquelles les produits vont s’écouler.
Peu de temps après être arrivé, une infirmière place un patch sur la peau, à l’endroit de la chambre implantable, pour anesthésier localement la peau. Avant chaque traitement, on rencontre la pneumologue dans le service. La pneumologue revient en détail sur les résultats de la prise de sang NFS Plaquettes pratiquée la veille et donne son accord pour lancer la séance.
Environ une heure après la pose du patch EMLApatch 5%, l’anesthésie locale est suffisante pour que l’aiguille de la perfusion transperce la peau sans douleur et entre dans la chambre implantable. L’infirmière met en place la perfusion et c’est parti, les produits commencent à couler et entrent dans mon corps. Un ami résidant non loin d’Angers m’avait rejoint dès mon arrivée ce matin et est resté avec moi jusque l’heure du repas. C’était bien sympathique d’avoir quelqu’un avec moi pour cette première séance. A deux, le temps passe plus vite. Quand il est parti, j’ai regardé la télévision et la séance s’est terminée sans problème.

Dès mon retour à la maison, j’ai ressenti une grosse fatigue. Je me suis allongé sur le canapé et me suis endormi. Le lendemain matin, mal grès le traitement anti vomitif, j’ai eu des nausées allant presque jusqu’au vomissement. Comme je ne vomis jamais, ces nausées me rendent vraiment malade. J’ai totalement perdu l’appétit et perdu plus de 3 kilo en 4 jours. Rien ne passait et quand j’ai pu manger un peu, tout était trop salé et me dégoûtait, même sans salé pendant la préparation des repas.
J’ai eu aussi un peu de diarrhée, des fourmillements dans les mains et les pieds, une mycose dans la bouche et sur la langue, des bourdonnements d’oreilles… J’avais déjà des acouphènes avant, mais maintenant ils sont plus forts.
J’ai dormi presque sans interruption pendant 4 jours, sans force, presque sans manger et même boire un peu renforçait les nausées qui ne me quittaient pas. Bref, ce fut vraiment difficile et je dois dire que j’ai très mal supporté cette semaine.

1e cycle – 2e séance le 6 septembre 2012

Comme chaque fois un peu après l’arrivée, l’infirmière me mets le patch pour que dans une heure, la peau soit anesthésiée au dessus de la chambre à cathéter implantable. Je vois ensuite ma pneumologue pour faire le point sur les résultats de la prise de sang NFS Plaquettes et tous les effets indésirables rencontrés depuis le début de la cure.
Elle donne son accord pour cette séance qui, est moins longue et se passe sans problème à signaler.
Mis à part les deux jours qui suivent avec des petites nausées (c’est tout de même désagréable) et une fatigue moins importante, cette semaine a été mieux supportée.

La troisième semaine étant dite de repos, j’ai bien récupéré et repris du poids pour revenir pratiquement à celui d’avant la première séance.

Aujourd’hui, nous sommes le 19 septembre 2012. J’ai eu une prise de sang hier et le résultat est assez bon pour que j’ai une nouvelle séance demain jeudi 20. Ce sera la première du second cycle et j’espère vraiment qu’elle me rendra moins malade que celle du premier cycle.

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